POUR SORTIR DE L'AUTOROUTE

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« Bretelle(s) » d’accordéoniste

Les bretelles, ce sont tout d’abord ces accessoires indispensables à tout accordéoniste. Lionel Suarez en sait quelque chose, lui qui pratique l’instrument depuis ses huit ans : les bretelles permettent d’être libre de ses bras et de ses mains, de jouer debout – voire de se déhancher un peu !

Elles sont aussi un peu désuètes, fleurant bon le bal musette. Mais qui n’aime pas les bals ? C’est d’ailleurs une coutume du festival : un grand bal final, pour danser et faire la fête après avoir écouté des concerts et s’être ému des lectures !

« Bretelle(s) » d’autoroute

Et puis, les bretelles ce sont ces sorties d’autoroute que l’on emprunte pour respirer un peu lors d’un long voyage. Manger un bout, s’arrêter dans un village… Se perdre un peu. Oublier le temps qui file et les obligations, le temps d’une escapade. Sortir de l’autoroute, c’est déjà sortir d’un mode de consommation du monde trop rapide, qui nous fait aller vite et loin, sans lever le nez.

La proposition est donc d’emprunter une bretelle pour découvrir le village de Bertholène, lieu méconnu et superbe de l’Aveyron. À vingt kilomètres seulement de Rodez et de son musée Soulages, Bertholène vaut le détour : maisons anciennes, château du XIIème siècle en ruine, église charmante… C’est là que le festival Bretelle(s) s’inscrit depuis 2018, pour trois jours de concerts et de rendez-vous variés. C’est là donc que vous pourrez profiter d’une pause hors du temps, et proche des gens.

« Bretelle(s) » amicales

Car les « bretelles » sont aussi à l’image du lien que le fondateur du festival Lionel Suarez veut établir avec le monde rural. Bertholène, malgré sa beauté et son patrimoine architectural, reste méconnu des touristes de l’Aveyron qui n’y font que passer. Comme beaucoup de villages en France, Bertholène a vu depuis plusieurs décennies ses commerces et sa vie sociale se réduire et disparaître… C’est là que les artistes interviennent – Lionel Suarez en est convaincu.

Car ce sont eux qui vont là où les politiques ne vont plus, eux qui animent des lieux qui ne sont plus regardés, eux enfin qui réunissent devant une même scène étrangers, voisins, inconnus et amis… Les artistes créent du vivre-ensemble. Au fil des éditions, Lionel souhaite d’ailleurs multiplier les invitations aux artistes étrangers, pour que les cultures se rencontrent aussi bien que les gens. Il souhaite aussi que ceux qui sont déjà venus reviennent, pour que se créent des habitudes.

Et que, chaque été, on se retrouve. En famille.

Bretelle(s) humbles

 Créer un énième festival mercantile n’intéressait pas Lionel Suarez. Il s’est demandé : « comment penser la culture dans les territoires ? » Autrement dit, comment s’adapter à un lieu précis, ce Bertholène qu’il aime tendrement, et apporter à ses besoins une réponse appropriée. Inventive, poétique. Qui détourne les gens de leur télévision et de leurs habitudes.

Il est aussi demandé aux artistes de jouer le jeu. Jouer devant un public restreint, jouer sans leur équipe habituelle. Oublier, eux aussi, leurs habitudes, et repenser leur rapport à la musique et aux spectateurs. Pour qu’ils s’approprient le festival, qu’ils lui donnent un peu de leur personnalité et beaucoup de leur émotion.

Ils s’appellent Emmanuelle Bougerol, Mouss & Hakim, Thierry Teston, Gérald Fleury, Sanseverino, Pierre-François Dufour, Christophe Cravero Minino Garay, Olivia Ruiz ou Clotilde Courau, et sont passé par cette belle « Auberge espagnole », ce lieu où on ne trouve que ce qu’on y a apporté, que souhaite Lionel : ils repasseront ! Comme on revient dans une maison de vacances…

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